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SOCIÉTÉ
LAUSANNOISE
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L'ARC-EN-CIEL: UNE COLLECTION ORIGINALE
Président du Club Philatélique de Bulle, Jean-Marc Seydoux vient d’être élu à la tête de la Fédération des sociétés philatéliques suisses (voir le dernier numéro du Journal Philatélique Suisse). Mais il est aussi un exposant primé, sur son thème L’arc-en-ciel. Il nous en dit plus sur sa collection, qui est en partie exposée à l’Expo-Bourse SLT de la Journée du timbre du 21.11.2010.
Pourquoi avez-vous choisi le thème de l’arc-en-ciel ? Pouvoir observer un arc-en-ciel n’est pas fréquent. Bien que ce ne soit pas un phénomène rare, il faut réunir quelques conditions particulières pour l’admirer: une atmosphère humide, un ciel sans nuage et le soleil dans le dos. A chacune de ses apparitions, le temps redevient clément, rempli d’un sentiment de renouveau. La vie d’un arc-en-ciel étant brève, il est bon de s’arrêter, de souffler un peu et d’admirer tranquillement cette forme colorée et magique, irréelle parce qu’insaisissable. Retracer les mythes et les contes que les hommes ont imaginés au cours des siècles, puis les concepts scientifiques qu’ils ont élaborés (des ébauches de théories à la complète résolution mathématique et physique), m’enthousiasme. Ce sentiment d’avoir partagé l’évolution de la Connaissance humaine dans toutes les disciplines de l’esprit me plaît énormément, en partant des Sciences exactes pour arriver aux Sciences humaines, la philosophie, l’art, etc. L’arc-en-ciel ne laisse personne indifférent, que ce soit les artistes, les scientifiques, les industriels, les publicistes, mais également Monsieur Tout-le-Monde. Chacun y perçoit un symbole, interprète ce météore selon sa sensibilité, sa personnalité ou son humeur du moment.
Est-ce un thème difficile à traiter sur le plan philatélique ? Le thème, surtout au début, était très difficile car je ne connaissais pas le matériel qui existait. Je n’avais qu’une ébauche de plan, qui s’est amélioré au cours des années (cela fait plus de 15 ans que je collectionne ce thème !). Mais j’étais et je suis toujours intéressé à découvrir des sujets ayant des connections avec l’arc-en-ciel. Une petite anecdote rigolote, ce n’est que 6 ans après avoir commencé ce sujet que j’ai appris qu’une truite se nommait « arc-en-ciel ». Tous les jours, j’élargis mon horizon de connaissances sur ce sujet, et fort heureusement, je ne suis pas au bout de mes peines, je veux dire plutôt de mon bonheur !
Avez-vous trouvé facilement le matériel de votre collection exposée ? Au début, j’ai écrit à une centaine de marchands dans le monde, de Chine, d’Amérique du Sud, en Europe, etc. Depuis que j’ai découvert les sites internet (Delcampe et eBay), je dois avouer que ma collection s’est développée de manière très remarquée. Internet me permet également de collecter des informations sur des sujets assez difficiles à trouver, même dans une bibliothèque. Ainsi, j’ai découvert des cachets de villes qui s’appelaient autrefois Rainbow et qui n’existent plus (aux Etats-Unis), mais quelle satisfaction d’avoir trouvé l’origine de leur nom. Sans internet, je pense qu’il aurait été tout simplement impossible de trouver certaines réponses. Cela m’a permis d’écrire des textes thématiques justes, ce qui me procure une satisfaction toute particulière. Pour les timbres, après avoir une bonne connaissance du sujet, on peut trouver des pièces qui ne montrent pas nécessairement un arc-en-ciel (je pense par ex. à une oblitération fantaisie des USA qui montre un oeil bleu). Je l’ai insérée dans le chapitre étymologie en parlant de l’iris de l’oeil. Le nom iris, en latin, veut dire arc-en-ciel ! Avec un peu de créativité, on peut étendre son domaine et trouver des pièces intéressantes.
A quelles expositions avez-vous déjà participé en Suisse et à l’étranger ? Ma première exposition, ce fut à St-Blaise en 1998, puis en degré II à Coire en 2001, puis à Wettingen, degré II en 2002 (nouvelle répartition des points pour la classe thématique), Baden 2006 (national), Vienne 2007 (national), 2009 Essen (international) et Lisbonne en octobre 2010 (128 pages). Pensez-vous pouvoir encore améliorer votre collection ? Oui, bien sûr ! Je pense qu’il faut être honnête et lucide. Pour moi, une collection thématique n’est jamais finie et elle peut toujours être améliorée. Je ne parle pas d’amélioration par l’acquisition de pièces rares et onéreuse (enfin pas forcément, ça fait toujours plaisir de découvrir la perle rare !), mais par le développement du plan, en évitant certaines pièces qui se répètent trop (chez moi, des entiers semi-modernes russes ou entiers chinois), trouver une meilleure pagination (agréable à regarder), relire et corriger le texte, trouver des textes plus courts et plus percutants, (tout dire en peu de mots), etc. J’essaie de travailler sur tous ces plans. J’ai trouvé très intéressante la critique que j’ai reçue à l’Expo mondiale de Lisbonne 2010, les jurés m’ont proposé quelques pistes intéressantes et d’autres, je dois l’avouer, que je ne vais probablement pas suivre. Cette collection demeure la mienne, et c’est important d’avoir du plaisir à poursuivre cette activité.
Et à un jeune qui s’intéresse aux timbres ? A Bulle, nous avons la chance d’avoir un mouvement junior très actif (un grand merci à notre moniteur très enthousiasmé par cette fonction !). Au nom du Club de Bulle, vis-à-vis des juniors, je ne change pas mon discours. Les critères du collectionneur restent les mêmes pour un jeune ou un adulte. Je ne parle même pas de finances, car la philatélie permet à chacun de s’exprimer en fonction du budget qu’il libère pour sa passion.
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